b l e u

Tout commence par une émotion…

Depuis quand cette couleur s’est transformée en forme d’obsession? Je sais que je l’ai toujours aimée, qu’elle m’a toujours touchée de l’intérieur, qu’elle a vibré en moi et aidé à dégager des émotions, des sensations. Le bleu fait parti de ces choses qui communiquent sans mots, mais pas forcément sans bruit lorsqu’il me traverse : il fait ressortir le son de ma voix par les tonalités que je lui donne. 

Bleu, couleur sans limite, sans forme déterminée. Quand on pense au bleu de manière figurative, ce n’est pas en tant que forme : on pense spontanément au ciel, l’espace, la mer, l’océan et ses profondeurs, l’eau, la pluie… Quelque chose qui s’étend.

C’est une couleur à l’histoire multiculturelle qui s’est transformée dans le temps. Les associations symboliques du bleu ont largement évolué en Europe au cours de l’histoire, passant de haine à amour, de chaud à froid, d’inexistant à pleine présence.  

Pour citer M. Pastoureau : “ [le bleu] Il ne choque pas, ne blesse pas, ne révolte pas”.

En effet aujourd’hui nous voyons le bleu partout, il est très répandu à tous niveaux dans tous les domaines. Là où le monde évolue de manière toujours plus vite et plus violent, à mon sens le bleu vient rassurer l’ensemble. Il permet de communiquer avec pacifisme et douceur : c’est aussi la fonction qu’on souhaite lui donner dans nos consciences.

Vers la période du Moyen Age, le bleu était perçu comme une couleur chaude : J’aimerai aujourd’hui rallumer cette chaleur mais aussi cette puissance qui sommeillent en lui. Je  cherche à le faire sortir, s’exprimer pour qu’il se détache de cette image lassante qu’on lui donne en vue de libérer sa magie. Son énergie et sa force se cachent dans son association avec l’eau, significative dont force et vitalité. Cette dernière devient ambiguë par les symboliques des deux facettes de l’eau (le calme, la tempête - la lumière, les profondeurs) qui aide le bleu à dévoiler son caractère.

Au début du xxe siècle, l’artiste peintre Vassily Kandinsky affirmait que : « le bleu développe très profondément l’élément du calme. Glissant vers le noir, il prend la consonance d’une tristesse inhumaine (…) À mesure qu’il s’éclaircit, ce qui lui convient moins, le bleu prend un aspect plus indifférent (…) jusqu’à devenir un calme muet».

… Et se termine par une nuance.